Coupe Davis – Zoom sur les blessures liées au tennis !

La 106ème édition de la Coupe Davis vient de se terminer, se soldant par une victoire des bleus face aux joueurs belges suite à de très beaux matchs. Une rencontre très attendue, de haut niveau, qui nous a donné de beaux moments sportifs et qui nous a fait retenir notre souffle à bien des occasions !

Les souvenirs encore frais nous hantent encore, et l’envie nous prend alors de faire un petit zoom sur la pratique sportive du tennis. Evoquons ensemble les divers types de blessures et de pathologies articulaires qui peuvent survenir dans la pratique de ce beau sport.

En guise de rappel pour ceux qui n’auraient pas suivi : la finale de la Coupe Davis 2017 a été disputée entre le 24 et le 26 novembre : opposant la France et la Belgique.

En bref, il s’agit d’un tournoi professionnel de tennis masculin international, qui a été fondé en 1900 par Dwight Davis. Aujourd’hui, ce tournoi international est géré par la fédération internationale de tennis et est considéré comme la coupe du monde de tennis.

Que dire donc sur les pathologies articulaires des athlètes pratiquant le tennis ? Faisons le point !


Zoom sur les blessures léies au tennis


Le tennis : des articulations mises à mal

Loin d’être une pratique de tout repos, le tennis est une discipline plutôt sujette aux traumatismes divers (musculaires et articulaires)… Surtout si la personne qui la pratique ne met pas en œuvre les bonnes techniques.

Services, smashs, coups liftés, revers : autant de mouvements « banals » qui peuvent largement mettre à mal les articulations s’ils ne sont pas maîtrisés.

Les excès dans cette pratique peuvent également s’avérer dangereux, c’est pourquoi les athlètes de cette discipline sont particulièrement suivis.

Tout d’abord, nous pouvons commencer par évoquer le fait que les blessures liées au tennis peuvent concerner diverses parties du corps. En première ligne figurent les traumatismes articulaires de la cheville, du poignet  et de l’épaule.

Des articulations que nous évoquerons ici, mais la liste des pathologies n’est évidemment pas exhaustive !

  • La cheville tout d’abord: lorsque l’on regarde un match de tennis, on constate à quel point les déplacements latéraux sont importants, rapides et nerveux. L’athlète doit être présent sur toute la largeur du terrain et doit déjouer les pièges de son adversaire. Adversaire qui cherchera à l’empêcher de toucher la balle pour remporter la victoire.

La nature même de ces mouvements est évidemment une expérience qui peut s’avérer fort traumatisante pour la cheville. Le lot quotidien pour cette articulation très sollicité : entorses à foison, pouvant aller jusqu’à la rupture totale des ligaments !

Le plus souvent dans la pratique du tennis, la torsion du pied qui provoque l’entorse est vers l’intérieur : ce sont les ligaments externes qui sont sollicités, ce qui est la cause d’une entorse dite « externe ».

En soit, l’entorse de la cheville, si elle est correctement soignée est un traumatisme bénin qui ne nécessite absolument pas une intervention chirurgicale. Le repos, la rééducation et le maintien de la cheville dans une petite attelle suffisent généralement.

Le vrai problème survient lorsque ces entorses sont répétées, provoquant une instabilité de la cheville qui peut littéralement contre-indiquer la pratique du tennis.

Selon l’avis du médecin qui s’occupe du sportif, une intervention chirurgicale peut être indiquée, si l’instabilité est avérée et gênante.

  • Le poignet n’est pas en reste: dans la pratique du tennis, les traumatismes liés au poignet sont fréquents. Bien souvent, il s’agit plutôt de tendinites : une inflammation du tendon.

En plus de leurs déplacements vifs, les athlètes pratiquant le tennis s’échangent de véritables boulets de canon (le record de vitesse de la balle étant de 263km/h !).

En cas de mauvaise technique, un poignet sur-sollicité peut évidemment montrer des signes de faiblesse très douloureux.

En règle générale, le repos et la glace permettent de soigner cette pathologie : quelques séances de rééducations peuvent aussi porter de très bons résultats sur un sportif désireux de récupérer rapidement.

  • Des services qui mettent à mal l’épaule: au même titre que la cheville, l’épaule est une articulation bien souvent mise à mal dans la pratique du tennis.

En effet, cette articulation est très sollicitée, notamment au moment de ces services spectaculaires que nous avons tant de plaisir à voir et à revoir. Vif et puissant, le service en tennis réuni de nombreuses conditions pouvant affecter l’épaule.

Mais, de manière plus générale, l’épaule est sollicitée sur chaque coup demandant de lever la raquette au-dessus du niveau de l’épaule : le smash, par exemple, occupe une place de choix au panthéon des coups les plus traumatisants !

Peut-être en avez-vous déjà entendu parler, mais nous parlons ici de ce que l’on appelle la « coiffe des rotateurs ». Il s’agit de muscles et de tendons destinés à stabiliser l’articulation de l’épaule : très mobile mais également très fragile.

Une pratique intensive ou inadaptée du tennis peut entraîner une douloureuse inflammation de ces muscles et tendons (tendinite).

Mais, au-delà de la simple tendinite, le sportif est également exposé à un risque de rupture de la coiffe des rotateurs qui se soldera généralement par une intervention chirurgicale en bonne et due forme.

Dans de rare cas, souvent associés à des traumatismes au niveau de la coiffe des rotateurs, l’épaule du sportif peut « se déboîter », on parle alors de luxation de l’épaule ; ou encore d’instabilité de l’épaule.

Comme nous l’évoquions plus haut, l’épaule est une articulation extrêmement mobile : cette mobilité est le fruit d’un faible emboitement de deux pièces articulaires.

De ce fait, il n’y a alors rien d’étonnant au fait que la pratique du tennis puisse produire pareil traumatisme. Le plus souvent une intervention chirurgicale n’est pas nécessaire, sauf en cas de luxations particulièrement répétées et d’une importante sensation de gêne.

Ainsi, nous avons évoqué au fil de ce billet quelques pathologies articulaire qui, nous semble-t-il, caractérisent le mieux les troubles articulaires auxquels sont exposés les « tennismen ».

Comment éviter ces blessures ?

Après avoir évoqué blessures et pathologie, intéressons-nous davantage à ce qu’il faut mettre en œuvre pour les prévenir et éviter de passer sur la table d’opération.

Dans un premier temps, il nous paraît important d’insister sur un point précis. La prévention d’un grand nombre de traumatismes articulaires et musculaires passe par un échauffement et un étirement correctement réalisés.

Aucun sportif digne de ce nom ne néglige cette étape primordiale, absolument nécessaire pour éviter une blessure qui n’aurait pas lieu d’être.

  • Pour la prévention des entorses et de l’instabilité de la cheville, il est largement préconisé d’utiliser des chaussures adaptées à la pratique du tennis. Ces chaussures doivent assurer un maintien optimal de la cheville.

En cas de cheville fragilisée par des entorses répétée, le médecin peut également conseiller au sportif de porter une chevillière adaptée.

Enfin, comme on n’a pas toujours une personne dévouée pour ramasser les balles entre deux échanges, veillez à ce qu’aucune d’entre elle ne traîne sur le terrain pendant que votre partie.

En effet, si vous marchez (ou courrez) par inadvertance dessus l’entorse est quasiment inévitable ! Une sorte d’accident qui peut donc être facilement écartée.

  • Pour éviter les tendinites du poignet, il y a peut-être davantage de travail à mettre en œuvre pour ce faire.

En effet, cette pathologie survient souvent en raison d’une mauvaise technique dans la frappe de la balle. En augmentant l’amplitude du geste et en ne recherchant pas de la puissance uniquement dans l’avant-bras, beaucoup de douleurs superflues peuvent être évitées. Tout le corps doit être sollicité pour frapper une balle.

Par ailleurs, en matière de tendinite dans la pratique du tennis, il faut savoir que le choix de la raquette est important.

De manière générale, on considère que si l’on est sujet à ces inflammations, il vaut mieux opter pour une raquette légère, dont la taille du manche est adaptée à la morphologie du sportif.

Pour finir, le simple fait de jouer avec des balles en bon état (bonne pression) peut contribuer à réduire largement le risque de tendinites du poignet.

  • Pour éviter les tendinites et luxations de l’épaule, encore une fois, votre mot d’ordre sera l’échauffement (et l’étirement) ! La pratique du tennis doit se faire raisonnablement, c’est-à-dire, en respectant des périodes de repos.

Comme dans beaucoup d’autres pratiques sportives intenses, le surentraînement est à proscrire pour préserver ses articulations d’une usure prématurée.

Au même titre que les tendinites du poignet, les tendinites de l’épaule peuvent être minimisées en adaptant sa technique de frappe, mais un renforcement musculaire de l’épaule peut également être fortement bénéfique.

Des muscles renforcés peuvent mieux mener à bien leur mission de stabilisateur de l’épaule, évitant ainsi luxations et ruptures ligamentaires.

Voici donc le premier billet d’une série consacrée aux blessures liées à la pratique d’un sport ! N’hésitez pas à réagir dans les commentaires ou sur notre page Facebook si ce contenu vous a plu ou si vous avez des informations complémentaires / expériences à partager !


Centre de Chirurgie Ostéo-Articulaire (CCO) - Polyclinique Saint-Privat - Rue de la Margeride -34760 Boujan-sur-Libron