Butée d’épaule sous arthroscopie

Avant l’intervention

  • Les indications d’une butée coracoïdienne réalisée sous arthroscopie sont les mêmes que pour les butées d’épaule réalisées à ciel ouvert (càd avec une cicatrice à la partie antérieure de l’épaule).
  • L’objectif des deux interventions est de stabiliser l’épaule dans le cas d’instabilités chroniques glénohumérales antéroinférieures. Seule la technique chirurgicale change, dans un cas, elle est réalisée avec une vraie ouverture en avant de l’épaule (5 à 6 cm environ) et dans l’autre, l’intervention est réalisée sous contrôle permanent d’une caméra et par l’intermédiaire de 6 incisions de 5 à 10 mm. Le principe est le même : le transfert de la coracoïde, sur laquelle est attaché le court biceps, à la partie antérieure de la glène.
  • Fait-on aussi bien sous arthroscopie qu’à ciel ouvert ? Le symposium de la Société Française d’Arthroscopie en 2015 répond à cette question légitime en validant l’arthroscopie en montrant que les résultats des butées sous arthroscopie et à ciel ouvert sont tout à fait comparables.
  • La réalisation technique d’une butée sous arthroscopie, quelle que soit la technique, est un véritable challenge chirurgical ; il est nécessaire d’avoir au préalable une pratique importante de l’arthroscopie et une formation spécifique pour maitriser la technique.

 

Butée sous arthroscopie et TDM

 

Pendant l’intervention

  • L’intervention de butée sous arthroscopie est réalisée en position semi-assise (beach-chair position) sous anesthésie générale avec un protocole d’optimisation des conditions péri-opératoires et notamment de contrôle de la douleur (protocole RRAC – Récupération Rapide Après Chirurgie).
  • La technique chirurgicale utilisée combine la stabilisation par la butée coracoïdienne avec ses effets de butée osseuse et de ceinture musculaire par le tendon conjoint à une stabilisation par la réinsertion et la retension de la capsule articulaire (= Bankart arthroscopique). Cela permet d’obtenir une butée totalement extra-articulaire, c’est à dire en dehors de l’articulation sans aucun contact direct entre la butée et la tête humérale.
  • La fixation de la coracoïde est originale en proposant une alternative à la fixation par vis par l’utilisation d’un double bouton, entre lesquels se trouve un fil retourné sur lui-même par un système de deux poulies obtenant ainsi 4 brins et qui est serré à 100 N.
  • La technique est guidée par l’utilisation d’un ancillaire spécifique. La reproductibilité du positionnement de la butée est ainsi améliorée.
  • L’arthroscopie permet surtout de faire un bilan intraarticulaire d’éventuelles lésions associées et d’envisager leur traitement dans le même temps. Elle permet également de contrôler les structures nobles, notamment le nerf axillaire et de les protéger tout le long de l’intervention.

 

 

Après l’intervention

  • L’intervention se déroule sur une hospitalisation de 24 heures ou en ambulatoire.
  • L’immobilisation postopératoire est d’un mois et s’effectue à l’aide d’une attelle sans abduction et en rotation neutre (pas de décollement du bras du thorax et l’avant-bras est droit devant).
  • La rééducation débute un mois après l’intervention et une auto-rééducation par une mobilisation en pendulaire est autorisée à partir de 15 jours PO.
  • La durée d’incapacité sportive est habituellement de 3 à 6 mois et dépend de la récupération et notamment de la phase de réathlétisation. La consolidation est obtenue entre 3 et 6 mois.
Centre de Chirurgie Ostéo-Articulaire (CCO) - Polyclinique Saint-Privat - Rue de la Margeride -34760 Boujan-sur-Libron