Championnat féminin de handball 2017 – Zoom sur les blessures liées au handball !

Ces derniers jours furent marqués par de magnifiques rencontres à l’occasion du championnat mondial de handball féminin. Les résultats sont tombés ce dimanche 17 décembre 2017, annonçant une victoire retentissante de l’équipe française face aux championnes en titre : la Norvège ! Un match des plus spectaculaires qui a su marquer nos esprits et nos cœurs, c’est aussi l’occasion pour nous de vous présenter cette belle discipline !

Autant pour la gente masculine que pour la gente féminine, le handball est une discipline sportive explosive et spectaculaire.

Impacts direct entre attaquants et défenseurs, multiples accélérations soudaines, sauts, chutes et tirs en suspension… Autant de techniques qui font toute la beauté de ce sport, mais aussi tout son caractère traumatique.

Les blessures lors des matchs professionnels et amateurs, si elles sont généralement sans gravité, ne sont pas rares, loin de là. D’ailleurs, une équipe de joueurs professionnels a besoin d’un suivi personnalisé assuré par un ou plusieurs médecins orthopédistes pour prévenir et soigner des blessures pouvant compromettre le succès en tournois.

Quelles sont donc les blessures liées au handball ? A l’occasion de ce petit article, faisons le tour les traumatismes articulaires pouvant survenir dans cette belle pratique.


Blessures liées au handball


Les traumatismes articulaires du handball

Comme vous le savez, le handball est un sport collectif où s’affrontent deux équipes. L’objectif pour les deux équipes est de faire entrer un petit ballon dans le but adverse en n’utilisant que les mains.

Dans cette discipline pour le moins acrobatique, les chutes et contacts entre joueurs sont monnaie courante. Même en tant que professionnel, on ne ressort pas toujours indemne d’une rencontre en handball.

Si le joueur ne se réceptionne pas correctement, l’entorse, voire, la fracture peut être difficile à éviter. En handball, la quasi-totalité du corps est sollicitée : des doigts jusqu’aux chevilles.

  • Parmi les articulations les plus touchées, commençons par évoquer le cas de l’épaule.

L’épaule

Tir en suspensionLe handball est une discipline dans laquelle les mouvements au-dessus de l’épaule sont légion. Surtout lorsque le précieux (la balle) se trouve entre vos mains.

Aussi, comment évoquer le handball sans faire allusion au fameux tir en suspension ? Cette technique spectaculaire est l’emblème même de cette discipline. D’ailleurs, de nombreux clubs et équipes élaborent leur logo en s’inspirant de cette position semblant échapper aux lois de la gravité.

Toutefois, aussi belle soit-elle pour les amoureux inconditionnels du handball, cette technique figure sans nul doute au panthéon des techniques les plus traumatisantes pour l’épaule.

En cas de blessure, dans le meilleur des cas, le sportif sera atteint d’une tendinite sans gravité. Mais le traumatisme peut aller jusque-là luxation, voire même, jusque la rupture de la coiffe des rotateurs.

De quoi s’agit-il ? La coiffe des rotateurs est l’ensemble des muscles et tendons qui permettent de maintenir une articulation qui se caractérise par un emboitement très faible.

C’est ce faible emboitement qui donne à notre épaule toute la mobilité que nous lui connaissons, mais aussi sa grande fragilité. Une rupture au niveau de la coiffe des rotateurs a une grande chance d’entraîner une intervention chirurgicale aux mains d’un spécialiste.

Comme nous l’évoquions, dans le cadre de cette pratique l’épaule peut aussi faire l’objet d’une luxation de l’articulation (un « déboitement » de l’épaule). En effet, la plupart des mouvements brusques qui demandent de passer le bras au-dessus du niveau de l’épaule constituent un risque.

Si la luxation est généralement sans gravité, il faut lui prêter une attention particulière si elle tend à se répéter. Des luxations fréquentes peuvent être la cause et le signe d’une instabilité de l’épaule qui pourrait également nécessiter une opération.

Le genou

Les risques de traumatisme de l’épaule sont donc courants dans la pratique de cette discipline. Toutefois, l’articulation la plus touchée serait le genou, totalisant 28% des blessures recensées dans le monde du handball professionnel (Voir les statistiques détaillées).

Mais quels sont donc les traumatismes touchant le genou dans le cadre de cette pratique ? Des entorses et lésions ligamentaires essentiellement.

En cas de mauvaise réception (à l’occasion d’un tir en suspension), d’une mauvaise chute ou d’un mouvement latéral trop vif : le genou peut se tordre violemment dans une position traumatisante, tirant avec une intensité variable sur les ligaments.

Une blessure au genou peut aller d’une petite entorse sans gravité à une rupture des ligaments croisés. Blessure très redoutée par les professionnels du handball, la rupture des ligaments croisés est une lésion de nature à faire littéralement disparaître un joueur du terrain pour au moins 6 à 10 mois (selon la durée de rééducation).

Ce type de lésion ligamentaire peut par ailleurs provoquer une instabilité durable du genou, qui peut être en partie traitée par une reconstruction chirurgicale.

La cheville

Au même titre que le genou, la cheville est également une articulation très exposée. C’est le lot commun de l’ensemble des sports dits de « pivot contact ».

Que ce soit au cours d’une mauvaise réception (pendant un saut), d’un contact mal négocié avec un autre joueur ou d’une accélération ou d’un démarrage vif : la cheville peut être faire l’objet d’une torsion malvenue.

Comme pour le genou, l’entorse de la cheville peut être de gravité variable.

Du simple étirement du tendon à une rupture totale : de cette gravité dépendra la durée du repos et de la rééducation. Immobilisation par attelle, glaçage et prise d’anti-inflammatoires suffisent généralement dans un premier temps (avant rééducation).

Il convient de préciser que ce type de blessure ne nécessite pas en soi d’intervention chirurgicale. Cependant, si elle devient récidivante et provoque une instabilité et/ou une douleur chronique, le chirurgien orthopédiste pourra être sollicité.

Le bras dans son ensemble

Autres articulations qui méritent mention parmi les blessures liées au handball : les doigts, poignets et coudes.

Les doigts sont exposés à toutes sortes de traumatismes inhérents à la réception d’une balle ou à son interception, sans compter les contacts inopinés entre joueurs. Bien qu’elles n’empêchent généralement pas de jouer, ces torsions sont très douloureuses.

Le traumatisme du coude, quant à lui est plutôt concerné par des faux mouvements entraînant des luxations, mais surtout par de mauvaises chutes. Dans de telles condition, le risque d’entorse et de fracture et plutôt élevé.

Pour finir, commune à l’ensemble des sports de ballon, l’entorse du poignet guette les sportifs en cas de mauvaise réception. En effet, le risque inhérent à cette articulation est essentiellement dû au fait qu’elle est en première ligne lorsque l’on essaie, d’un geste instinctif, de se protéger de l’impact du sol.

Comme les chutes en handball sont pour le moins fréquentes, le poignet méritait bien cette mention.

Handball : des postes à risque

Bien sûr, la liste des blessures ci-dessus n’est absolument pas exhaustive et ne traite pas tout le pan des lésions musculaires qui guettent les pros du handball.

Nous avons pris le parti de mettre en lumière les traumatismes articulaires qui nous paraissaient les plus représentatifs dans le cadre ce sport à couper le souffle.

Nous pouvons encore aller un peu plus loin en précisant que, comme dans la majorité des sports en équipe, chaque joueur a un rôle précis à jouer.

Dans le handball, il existe le gardien de but, les ailiers, les arrières latéraux, le demi-centre et le pivot. Le point commun entre tous ces postes ? Ils sont tous particulièrement exposés à des traumatismes du genou.

Nous ne vous ferons pas l’affront de détailler le rôle du gardien de but. Pour arrêter les puissants tirs de l’équipe adverse, le gardien doit faire preuve d’agilité, de souplesse, voire, de sang-froid. Il est principalement exposé aux blessures concernant les doigts et chevilles à cause de ses mouvements vifs et des impacts de balles sur son corps.

Les ailiers et arrières ont un rôle offensif et sont souvent amené à effectuer des tirs en suspensions et à entrer en collision avec la défense. De cette manière, ils sont particulièrement exposés aux risques inhérents à l’épaule et à la cheville.

Le demi-centre et le pivot sont des éléments stratégiques pour gêner l’équipe adverse. Souplesse et vélocité leur sont requises pour pénétrer les défenses adverses. Leurs déplacements « explosifs », s’il en est, ont tendance à leur valoir de nombreuses blessures au niveau de la cheville et du pied.

L’histoire est la même dans tous les sports : pour prévenir au moins ces traumatismes la méthode ne change pas. L’échauffement et l’étirement doivent être rigoureusement effectués.

Les sportifs professionnels consciencieux ne négligent jamais cette étape cruciale pour rester durablement sur le terrain.

Aussi le repos doit être respecté : une pratique trop intense de la discipline ne fait jamais bon ménage avec des muscles fatigués et un esprit distrait. Amateur ou professionnel : le corps a besoin de récupérer pour faire face à ces sollicitations sportives très intenses.

Le renforcement musculaire peut également permettre de réduire le risque de torsions de certaines articulations. Nous évoquions l’épaule comme une articulation très mobile mais très fragile, maintenue par un complexe de ligaments et de muscles.

On distingue assez aisément l’intérêt de renforcer ces muscles pour maintenir une articulation en place. C’est également vrai pour le genou.

Nous arrivons au terme de ce petit article sur les lésions articulaires liées à la pratique du handball. Si ce billet vous a plu, n’hésitez pas à le relayer sur les réseaux sociaux ou à faire part de votre expérience personnelle de cette discipline en commentaire !


 

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